22 février 2007

D'où je parle

Je vais essayer dans ce billet de vous dire un peu d’où je parle. Je ne crois pas en l’objectivité. Sachant quelques-uns de mes a priori, il vous sera à mon avis plus facile de vous positionner par rapport à mon propos.

D’après le Robert une personne objective « c’est quelqu’un dont les jugements ne sont altérés par aucune préférence d’ordre personnelle ». L’être humain est toujours, de manière plus ou moins forte, affecté par ce qu’il est par ce qu’il pense. Si tel n’était pas le cas, nous ne serions rien de plus que des machines. On ne peut se défaire de ses a priori, on a tous un vécu et celui-ci nous influence dans notre manière de voir les choses. Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’en philosophie l’objectivité est « La qualité de ce qui existe en dehors de l’esprit ». Pouvons-nous prétendre que des sujets aussi sensibles que la politique existent en dehors de l’esprit ? On n’a pas encore trouvé une méthode scientifique qui pourrait démontrer d’une façon ou d’une autre la fausseté ou la validité de tel ou tel projet de société. Heureusement ! Car ceux qui ont essayé, ne nous ont pas laissé de bon souvenir

Le journalisme se prétend « objectif » mais la vie d’un journaliste est faite de choix permanent. Quels sujets va être traités, quelle place lui donner, que couper dans l’interview pour qu’elle tienne dans un sujet d’1min20, quelles questions poser, qui interviewer, etc. Dès qu’il y a choix, il y a subjectivité.

Est-ce dire que tout se vaut ? Non bien sûr. C’est là qu’intervient la notion d’honnêteté. Celle-ci est quasi impossible à définir, mais on peut ébaucher un début de définition. Un journaliste honnête est celui qui va essayer de présenter des faits qu’il pense pertinent afin que son public ait les cartes en mains pour pouvoir comprendre le monde qui l’entoure, c'est-à-dire être vraiment informée. Mais qu’est-ce un fait pertinent ? C’est ce qui va faire la qualité du journaliste, ça va être sa capacité à dégager l’essentiel de l’accessoire. Forcément ce choix sera subjectif, la même chose n’est pas forcement pertinent pour tout le monde. Cependant, le bon sens nous fait dire que certains faits ne sont absolument pas pertinents. Des lors nous pouvons appliquer une sorte de critère afin de déterminer si tel ou tel fait est pertinent : A la lecture de cet article, à la vue de se reportage qu’apprend-t-on d’utile pour décrypter tel ou tel événement ?

Un journaliste honnête est, je pense, aussi un journaliste qui accepte et affirme sa subjectivité. Attention, je ne dis pas qu’il faut absolument jouer au journaliste étiqueté rouge, orange, vert ou bleu, ce serait très réducteur. Je dis que c’est simplement dans la façon de rendre compte de l’info que cette subjectivité doit s’affirmer.. Dans un monde idéal, on devrait avoir autant de points de vue différents qu’il y a de journaliste, mais au JT on retrouvera invariablement les mêmes images « objective ». Prenons l’exemple de la télé libre, dans la série des plans séquences l’important est de montrer l’absurdité de l’emballement médiatique, cette course ou tout le monde veut avoir la même image, la prise de position est ici clairement affirmée.

Faire le choix de la subjectivité c’est aussi rejeter le consensuel, le politiquement correct. Mais c’est aussi prendre le risque de se tromper, de faire de grosse erreur. Il est en effet, je pense, plus facile de se parer du masque de « l’objectivité ».

De là à prétendre que j’applique les préceptes ci-dessus, que je suis une sorte de chevalier blanc du journalisme, bien sûr que non ! J’essaye à ma modeste manière d’être honnête ni plus ni moins.

Si vous êtes d’accord/ pas d’accord, n’hésitez pas un instant à laisser un commentaire. C’est dans le débat que les idées avancent…

2 commentaires:

Ben Heine a dit…

Tout à fait d'accord, Tom. On a pas fait les mêmes études pour rien...
Y'a du M. Sinnaeve là dedans...
:) Merci en tt cas, pour ta sincérité.

Yves Michel a dit…

C'est un débat sans fin.Ne pas accepter la pensée unique mais la pensée unique n'a pas toujours tort non plus.
Ex:1.On ne traite pas LePen comme les autres hommes politiques.Normal parceque parti non démocratique et raciste.
Affirmer contre la pensée générale:"Il pose les bonnes questions et donne les mauvaises réponses"est un sophisme prononcé par un "monsieur"à l'allure anticonventionnelle mal placée.
Contre exemple:LePen:"Le 11/9 est un détail en terme de nombre de victimes"C'est vrai,pensons au Darfour!
La Shoa est un devoir sacré de mémoire de l'horreur du siècle.Mais il est pourtant vrai que la politique israélienne manipule le Souvenir pour justifier leurs conduites extrêmistes.