29 décembre 2007

Quartier d'hiver

Je m'absente pendant dix jours. Bonne année à tous.

28 décembre 2007

Les liens de la semaine


  • La définition toute relative de la séparation des pouvoirs et des fonctions par Anne Marie Lizin:
Mme Lizin semble cultiver la confusion des genres (Archives):


Freedoom of speech by Steve Jobs:

Reportage dans la rue chaude de Paris:

Action: Stop aux quotas de téléchargement:
Linux bientôt dans la grande distribution?
Contre-argumentaire sur la personne de l'année du Time:
Parce que j'ignorais qu'il existait autre chose que la clavier AZERTY et QWERTY:

23 décembre 2007

Les chiffonniers,une tribu à part

Voici un reportage réalisé dans le cadre du magazine école "el nessim". Texte: Mélanie Gallard et Mouna Chentoufi. Photo: J'ai eu cette chance.


Les chiffonniers,une tribu à part

Reportage. Marginalisés, les nettoyeurs du Caire forment une communauté solidaire en mal de reconnaissance. Moussa, recycleur de la montagne du Moqattam, a grandi parmi eux.

Cartons, papiers et plastiques en tout genre jonchent le sol du quartier.



On les appelle « zabbalines». Du mot zabbal,« ordure ». Une manière de désigneravec dédain les chiffonniers du Caire. Leurs petites mains rendent pourtant un serviceindispensable aux Cairotes.Grâce à eux, 5 000 tonnes de déchets sont traitées chaquejour. Ils en recyclent 80 %. De manière artisanale, certes,mais aucun pays dans le monde n’en fait autant. Avec son look branché, jean délavé, tee-shirt Adidas, Moussa est loin de l’image de saleté qui colle à la peau de sa communauté. Le jeune Egyptien de 21 ans a pourtant grandi dans le plus peuplé des 7 quartiers de chiffonniers du Caire, entre Manshiet Nasser et la montagne du Moqattam. Les poubelles n’ont pas de secret pour lui. Jusqu’à l’âge de14 ans, Moussa partait les récolter dans la ville à la nuit tombée. Il revenait à pied, le dos courbé par le poids des gros sacs qu’il ramenait à sa famille. Il s’est maintenant spécialisé dans le recyclage de bouteilles de shampoing,en association avec son ami d’enfance Walid. Un jeune du coin comme lui. Moins réservé et bien plus baraqué, à force de fréquenter la salle de musculation du quartier.

Walid s’offre un soin de peau dans un salon du coin. Il échappe un instant à la poussière de son métier.


Recyclage de seringues

Ses gros bras tatoués soulèvent les énormes sacs dans leur atelier. Les deux recycleurs ont acheté la veille 270 livres (40 euros) de bouteilles de shampoing. Ils les trient par marque pour les revendre à l’usine. « On gagne à peu près 500 livres par mois chacun (66euros) », précise Walid. Soit la moyenne des salaires en Egypte. Dans l’atelier d’à côté, la mère et la soeur de Moussa font dans les pots de yaourts. Le voisin d’en face, lui, trie les chutes de tissus. Rien que dans le quartier de Moussa, 1 200tonnes de déchets sont ainsi recyclées chaque jour.

La mère et la soeur de Moussa trient les pots de yahourt par couleur et qualité de plastique.

A la décharge, chaque famille achète les matières à recycler en fonction de ses moyens.« Les plus pauvres s’occupent des matières organiques pour nourrir les animaux, le papier ou encore le carton », précise Moussa. « Pour les plus riches, c’est plutôt le cuivre, l’aluminium voire même les déchets d’hôpitaux comme les seringues ». Augmenter son capital et grimper l’échelle sociale des chiffonniers est l’objectif permanent. Chaque mois,Moussa met 10 % de son salaire de côté. Pour être un jour de ceux qui ont de belles voitures et recyclent les matières nobles. Ici, les breaks sont l’apanage des riches. En attendant, Walid et Moussa se contentent d’une charrette tirée par un âne.

Pas de traces de chômage

Interdépendance et solidarité sont les mots d’ordre de cette communauté, originaire de la Haute-Egypte. Poussée par l’exode rural, une partie est arrivée au Caire dans les années 1940 : « Nos ancêtres paysans n’ont eu d’autre choix pour survivre que de se lancer dans le ramassage des ordures »,explique Moussa. Les orduriers ont alors squatté les quartiers riches du centre. Une honte aux yeux de l’Etat qui a préféré les parquer loin des regards. Depuis, les chiffonniers sont près de 60 000 à s’entasser dans des quartiers à la périphérie. Dans celui de Moussa, les 25 000 habitants travaillent tous dans le commerce des déchets. Pas de chômage dans cette communauté homogène où tout le monde se côtoie. C’est une ville dans la ville, avec ses hôpitaux, écoles, commerces et cafés. Quand ils y pénètrent, les chauffeurs de taxis remontent leurs vitres et grimacent de dégoût. Amas d’ordures, pourriture, excréments d’animaux,ail, oignons,émanations de cuisines… Les effluves âcres et acides se superposent. Le bitume des routes disparaît sous un tapis de poussière et de détritus. Des gamins courent pieds nus dans la gadoue des petites rues, au milieu de mouches qui pullulent. Mais cette vision de désolation est vite balayée par l’atmosphère chaleureuse du quartier. Le spectacle de sa gaieté fascine. « Ici, c’est une grande famille », se réjouit Moussa. Il appelle d’ailleurs tous ses aînés « mon oncle ». Des proches s’arrêtent sans cesse pour le saluer. Ça s’interpelle, ça discute au pas des portes. Assis aux terrasses des cafés,des hommes jouent aux cartes en riant fort. Là, des jeunes s’exercent au tir dans un stand bricolé. Ici, des gamines rigolent sur des balançoires.Du bleu, du vert,du jaune vifs habillent les balcons des immeubles de briques rouges. Des femmes discutent entre elles, appuyées sur le rebord de leur fenêtre, au-dessus du brouhaha permanent. Moussa peine à se frayer un chemin entre les breaks qui croulent sous les sacs bourrés de carton. A chaque passage, leurs roues soulèvent un tourbillon de poussière irrespirable. Relégué à la marge du Caire,le quartier n’est pas moins à l’image du pays : solidaire,hiérarchisé et religieux. Sauf qu’ici, les musulmans sont minoritaires. Les chiffonniers sont coptes pour la plupart. Des chrétiens dont la langue est la seule descendante de l’Egyptien ancien. D’après les chiffres officiels, ils seraient 6% en Egypte.

La Vierge sur la peau

« Dans le quartier, ils représentent à peu près 90 % de la population», explique Moussa. Tout est là pour le rappeler. Les croix en relief sur les murs des immeubles, les petites chapelles en carton suspendues aux balcons, les icônes de Jésus placardées aux murs… Même les tatouages de Walid : la vierge Marie sur le bras droit et Jésus sur le gauche. Plus discret, la croix copte à l’intérieur du poignet. « C’est pour manifester notre chrétienté, mais aussi se souvenir de la crucifixion du Christ », raconte-t-il. Tous les jeudis, il se rend à la messe au monastère du Moqattam. Un havre de paix perché sur la montagne, où sept églises ont été creusées dans la roche. C’est un lieu de pèlerinage pour l’ensemble des coptes du Caire. Moussa aime cet endroit. En grimpant un peu plus haut sur la colline,il domine tout le Caire et ces Egyptiens qui le méprisent. Les gratte-ciels du centre-ville, le fastueux parc El-Azhar et même les pyramides de Guizeh,loin dans la brume. Quant aux 10 % des musulmans,ils restent assez bien intégrés. Moussa ne ressent aucune animosité envers eux :« Pendant la fête du mouton qui dure trois jours, on veille avec eux. Ils partagent même leur viande ».Pour autant,les familles ne se mélangent pas. Les mariages mixtes sont rares. Chaque communauté a son secteur. Un exemple de cohabitation pacifique ? « On travaille ensemble, on se respecte mais on garde nos distances », résume Moussa.











La croix chrétienne cohabite dans le quartier avec des bars musulman.
Au mur un verset du Coran.









La religion est prégnante jusque dans les maisons. Dans l’appartement coquet de Samâane, le frère de Moussa, les murs sont parés d’images religieuses et de photos de son mariage avec Haniya. Agée d’à peine 20 ans, la jeune femme souffre de l’hépatite C. « Elle s’est piquée avec une seringue en triant des déchets médicaux », explique Moussa. Le médecin du quartier estime que 15% de la population souffre de bronchites, hépatites B et C. Pas question pour autant de porter des gants ou des masques.Les chiffonniers ont besoin de toucher la matière pour juger de sa « noblesse ».

Devenir businessman

Au-dessus chez Samâane,Moussa possède un appartement. Le sol et les murs sont nus,seuls deux petits canapés meublent la salle principale.« On attend que Moussa se marie pour décorer », plaisante son aîné, gonflé d’orgueil quand il parle de son frère :« Il m’a toujours aidé quand j’en avais besoin, notamment quand on cherchait de l’argent pour notre mariage, Haniya et moi. Il est le seul à savoir lire et écrire. Moi, je ne sais que travailler. »

Moussa, 21 ans, son neveu sur les genoux. Il rêve de gravir l’échelle sociale des chiffonniers.

Moussa a eu la chance d’être aidé par l’association Esprit des jeunes, qui milite pour éradiquer analphabétisme et injustice. Là où l’Etat démissionne,les associations sont présentes. Sœur Emmanuelle,surtout,a métamorphosé le quartier. Ecoles, hôpitaux, eau, électricité...Tous les habitants restent imprégnés des actions de cette religieuse française. Moussa s’est lui aussi investi. A l’association Esprit des jeunes, il enseigne le métier de recycleur à des gamins. Pendant leurs heures non travaillées, les petits sont payés s’ils assistent aux cours.

A l’association Esprit des jeunes, les enfants sont rémunérés pour venir apprendre à lire et à écrire.

Mais Moussa rêve d’une vie meilleure.« Le plus important, c’est le respect. Et en Egypte, posséder beaucoup d’argent force au respect.» Devenir businessman, voilà son ambition. Il n’est pas dupe du matérialisme qui régit le monde. Pour lui, l’Etat reste responsable des difficultés de sa communauté.« Depuis que je suis né, je n’ai jamais rien reçu de ce que j’ai donné à ce pays. » Le jeune homme sent que son espoir est ailleurs. Peut-être au Liban, où il va partir former des réfugiés aux techniques du recyclage. Des techniques enviées dans des pays du Sud qui se débattent avec leurs déchets.


MOUNA CHENTOUFI

MÉLANIE GALLARD

PHOTOS THOMAS

VAN DER STRATEN

Update 1: Le reportage a été publié en mai 2007 et réalisé entre le 9 et le 19 avril 2007

Update 2: Il y a une inexactitude dans l'article Soeur Emmanuelle n'est pas française mais belge. Merci à Elisabeth Fayard d'avoir signaler l'erreur.

22 décembre 2007

Les liens de la semaine

Voici une nouvelle rubrique tout les vendredi je vais tenter de mettre une sélection de liens glanés au cours de la semaine.

L'espace Schengen s'ouvre aux pays de l'Est
Jean Quatremer donne en plus une petite mise en contexte et explication de l'espace Schengen. Se rafraîchir la mémoire ça fait toujours du bien.

Vladimir Putin - Person of the Year 2007 - TIME Poutine personne de l'année pour le Time. Choix discutable mais une explication très clair est donnée sur le pourquoi de ce choix. Dans le dossier sur Poutine on apprend notamment que celui ci n'a jamais envoyé d'email de sa vie et n'utilise pas de téléphone portable!!!

Dessin du vendredi 21 décembre 2007 de DUBUS
Parce que ça résume bien la situation

Et un crachat pour finir la journée
Par solidarité entre cycliste

18 décembre 2007

GRRRRRRRRRRRRR !

Je viens de me faire avoir par Mobisud. L’opérateur propose une offre temporaire : par recharge de 10€, 1heure gratuite vers tout les réseaux. Cool ! Je m’empresse de recharger ma carte et de passer des appels croyant être couvert par mes minutes gratuite. Pris d’un doute je vérifie quand même mon compte et surprise mes communications ont été facturées. La raison est que les promotions ne s’activent qu’à minuit le jour de la recharge. Bien entendu nulle part sur le site il en est fait mention, ni dans les sms promotionnels et ni dans les petits caractères …

Les offres et les tarifs illisibles semblent être un véritable business model des opérateurs de téléphonie mobile. Alors si vous aussi vous vous êtes fait avoir, faites le savoir dans les commentaires. Consomacteurs, à vous la parole.

Court mais bon: Le Barbier

Court Métrage (2001) de Jon Carnoy avec Ticky Holgado et François Levantal.





Les autres court mais bon c'est ici.

16 décembre 2007

Radionomy, une nouvelle solution de webradio

Avant le Yulbiz de ce samedi (je ne vais pas écrire un billet sur l’événement, je partage l’avis de Denis et Damien) j’ai assisté à la présentation de Radionomy. Il s’agit d’une solution pour créer sa webradio. Je vous livre ici mes premières impressions.

Le projet en soi est plutôt bien foutu et les captures d’écran qu’on nous a montrées sont prometteuses. Le site mettra a disposition des bibliothèques musicales. Les fonctions de personnalisation seront très poussées : possibilité d’uploader sa propre musique, de choisir ses plages horaires, etc. Radionomy prendra en charge tous les frais concernant les droits d’auteurs, ce qui est non négligeable. Comme contre partie il y aura l’insertion de 4min de pub par heure, ce qui est raisonnable avec une possibilité de redistribution des gains. Bref le produit à l’air bon.

Mais, oui il y a un mais ;-).

Radionomy s’inscrit dans une logique de média de flux. Les radios seront uniquement disponibles en streaming, les émissions seront donc diffusées à heures fixes. Alors que l’évolution va de plus en plus vers le contenu à la demande, podcast, vidéo on demand,etc. Ne pas introduire cette possibilité est absurde surtout pour des radios qui seront avant tout destinées a diffuser du contenu de niche. L’émission affranchie de ces horaires fixes peut potentiellement toucher la quasi totalité de son public potentiel. De cette façon une émission qui serait morte née sur un média de flux peut drainer une vraie audience. Bien entendu sur Radionomy il y a la possibilité de la rediffusion mais l’auditeur est exigent et dorénavant il veut choisir le contenu qu’il veut écouter au moment qui l’arrange. D’un autre côté tout le monde n’est pas prêt à faire une démarche active et préfère se laisser bercer par un flux. C’est ce que je fais parfois durant le journée, je laisse la radio en fond. Mais les émissions que j’aime, je les écoute en podcast car souvent leurs heures de diffusion ne me conviennent pas. Et en plus je peux les emporter dans mon lecteur MP3. Je trouve donc vraiment dommage que Radionomy ne propose pas cette possibilité car le contenu à la demande est une des grandes évolutions dans la consommation des médias

14 décembre 2007

Apple n'aime pas les questions qui dérangent

Souvent on oppose le méchant Microsoft au gentil Apple. Cette interview de Phill Schiller, vice président marketing d'Apple donne une image plus nuancée de la marque à la pomme. Admirez la maladresse des RP.






Via Valleywag

L'oreille indiscrète: l'anti politique

Hier dans ma sandwicherie préférée je surprends une conversation de deux personnes qui parlent de la crise politique. Elle se termine de cette façon:

A- De toutes façon on retourne voter en 2009.

B- Ah parce que toi tu vas voter? Ca sert à rien, je resterai chez moi bien au chaud.


Pas bon pour la démocratie tout ça. L'anti-politique semble prendre de plus en plus d'ampleur. A mon avis, on peut craindre une montée très importante des partis extrémistes en 2009. Et je ne sais pas comment on s'en sortira si le Vlaams Belang devient la première force politique en flandre.

Je suis trop alarmiste? Vous en pensez quoi?

02 décembre 2007

Vous avez dit "5 minutes de courage"?


Yves Leterme a donc démissionné. Pas d’analyse ici, juste une réaction à chaud. 175 jours et toujours pas gouvernement, je sais plus ce que je dois penser. Par facilité, j’aimerais pouvoir basculer dans le populisme et crier une haine et un mépris faciles pour les politiques. J’aimerais me dire qu’ils sont tous bêtes et cons et que n’importe qui ferait mille fois mieux à leur place. C’est faux évidement, la majorité d’entre eux sont loin d’être des imbéciles.

Mais alors qu’est ce qui ne va pas ? Une partie de l’explication réside sans doute dans la structure de l’Etat belge. Le fait qu’aucun élu ne soit obligé de tenir compte de l’ensemble des citoyens belges amène de facto à une polarisation du monde politique. Un combat de coqs où chacun joue au super défenseur de sa communauté. Quand on sait que la N-VA est en grande partie responsable du blocage avec seulement cinq élus au niveau national, il y a un problème.

Pour sortir de la crise il faudrait que nos hommes politiques fassent preuve de courage et dépassent leurs intérêts électoraux à court terme. Mais aucun ne prendra ce risque. Ils sont déjà en campagne pour les élections de 2009. Ce qui me fait dire qu’une réforme des institutions belges est urgente mais dans le sens du bien commun. Ni la position du CDH et son refus de toute refonte profonde des institutions, ni celle du CD&V qui réclame une reforme de l’Etat où les seuls gagnants seraient les néerlandophones, ne sont tenables. Nos élus auront-ils le courage de prendre les décisions qui s’imposent ? Ils ont intérêt, car le risque c’est un rejet massif de la classe politique par la population. Dans ce cas les seuls gagnants seront les partis blonds aux yeux bleus inscrits à l’amical de la chemise brune.



la caricature est de Dubus

29 novembre 2007

Personne pour voter l'introduction de la journée de 48 heures :-) ?

Ce blog a été quelque peu délaissé ces derniers jours, il le serra encore durant les quelques jours a venir. En ce moment ça part un peu dans tout les sens et une journée ne fait malheureusement que 24 heures. Je mets encore à jour la rubrique sélection de news mais je n'ai pas le temps de produire du contenu propre.

De retour dès que j'ai 5 min

23 novembre 2007

Court mais bon: La pomme d'adam

Et si les rapports entre hommes et femmes étaient inversés?

Avec: Zoé Félix, Bérénice Béjo, Franck Victor, Cybelle Villemagne, Charlotte Boimare, Catherine Marchal, Arno Duteil

Réalisation: Jérôme Genevray

20 novembre 2007

A lire: BHV, surtout garder la tête froide.



Sur des bulles, le blog de François Schreuer je viens de lire un des meilleurs papiers sur la crise actuelle. Il a écrit son billet juste après le vote de la scission de BHV. Il faut avoir un peu de temps devant soi car le billet est long mais brillant.


16 novembre 2007

La république des blogs: dernières videos.

Voici les dernières vidéos de la république des blogs, dont L'intérêt est tout relatif mais rigolo.

Une journaliste de la Première est en train de faire paisiblement sont travail en interviewant Mateusz, jusqu'au moment ou Damien, Baudouin et moi même venons jouer les troubles fêtes






Alain Destexhe
et Alain Gerlache font la constatation du manque de femmes dans la blogoshphère politique.



14 novembre 2007

La république des blogs: Jean Quatremer

Baudouin et moi même accrochons Jean Quatremer pour avoir une réponse à une question existentielle ;-) : Est il vrai que Nicolas Sarkozy ne boit jamais d'alcool? La conversation continue sur l'avis du journaliste français sur la blogosphère belge et l'accès aux élus belge.

La république des blogs: Damien Van Achter

Damien livre un retour d'expérience à propos du lancement du blog de matin première et de question à la une.

13 novembre 2007

La république des blogs: Baudouin Van Humbeek

Baudouin nous parle rapidement de l'expérience de orange-bleue.info, le blog collaboratif qu'il a lancé dans la foulée des négociations du pas encore gouvernement.

Je sais que je ne suis pas très rapide ;-) . Malheureusement je ne peux pas me consacrer à plein temps à ce blog. Promis la suite des vidéos serra en ligne plus rapidement...




08 novembre 2007

Je suis malade, completement malaaaaaaade

L'inactivité de ce blog risque de se poursuivre 2 ou 3 jours. Des microbes sont en train de lâchement m'attaquer...

04 novembre 2007

Débat: Alain Gerlache et Alain Destexhe

Lors de la république des blogs j'ai improvisé un petit débat sur l'interaction blog/média traditionnel et politique avec Alain Gerlache et Alain Destexhe. Il faut un peu s'accrocher car le bruit de fond est important (raaaaaaaah ces blogueurs toujours obligés de causer :-) ).


31 octobre 2007

République des blogs: mini feedback

Hier comme prévu je suis passé à la république des blogs. Ce fut très sympa et comme toujours l'occasion de chouette rencontre. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de parler à tout le monde, ce qui est très frustrant car il y a des gens que je lis et que je n'ai pas eu le temps d'aborder.

Je n'ai évidement pas pu m'empêcher de sortir ma caméra avec quelques petites vidéos sympa à la clé, notamment un mini débat entre Alain Gerlache et Alain Destexhe. Dès que j'ai le temps je les mets en ligne mais en ce moment ma vie est un peu chargée.

En tout les cas je m’inscris déjà pour la prochaine édition :-).

28 octobre 2007

Coup de coeur théâtral: Harold et Maude


Je reviens à l'instant de la représentation d'"Harold et Maude" au théâtre royal des galeries. C'est génial!

Cette pièce m'a réconciliée avec le théâtre. L'actrice qui joue Maude est époustouflante. Une mention spéciale pour le décor qui allie l'intelligence de la suggestion avec une parfaite maîtrise technique.

C'est mon coup de coeur théâtral de ce soir. Foncez, Foncez!

22 octobre 2007

Mehmet agressé par les loups gris

Mehmet Koksal rédacteur notamment d'humeur allochtone a été victime d'une agression lors d'une manifestation de l'extrême droite turque (Pour en savoir plus lire son billet et celui de Philochar). Je tiens donc ici à lui exprimer toute ma sympathie.

Pour avoir discuté avec quelqu'un qui connais bien le milieu turc bruxellois, je sais que Mehmet est très controversé. Mais en aucune manière cela justifie l'agression physique inacceptable dont il a été victime. Avoir comme seul recourt la violence démontre bien la faiblesse des arguments de ses agresseurs.

21 octobre 2007

République des blogs



Première rencontre de blogueurs politiques à Bruxelles


La république des blogs est une rencontre, simple, libre, entre les blogueurs politiques d'une ville, d'une région, leurs lecteurs, ceux qui s'y intéressent.

Une date et un lieu forment un rendez-vous, ou chacun vient avec ses envies de rencontres et d'échanges. Sur place, on converse librement, on échafaude des plans sur la comète, on commente l'actualité politique ou on décide de monter un collectif pour ou contre ce que l'on veut.

Le principe en est simple : transposer dans la vie réelle ce qui fait le miel des échanges de blog à blog, se donner l'occasion d'une rencontre "dans la vraie vie", et enfin mettre un visage sur un pseudo. Et, de là, voir ce qui arrive...

Entrée libre, participation libre. Sentez-vous comme sur un blog!

Ça se passe à l'amour fou à Ixelles j'y serai et vous?


19 octobre 2007

Les chroniques de Tom: le service après vente



PS:Manu qui se dit fidèle lecteur de ce blog me demande de vous faire part de son nouveau blog: http://jackandwicky.blogspot.com/. Voici la description de l’auteur : « JACK et WICKY suivent l'actualité de près. Cependant, ils ne sont pas d'accord sur tout et ils le clament haut et fort! Si fort que l'on arrive presque à les entendre à travers leurs bulles. ».

16 octobre 2007

Achetez en ligne qu'ils disaient...

Pour la première fois je tente l'achat d'un produit en ligne. J'ai acheté un disque dur sur Pixmania le 10 septembre et à ce jour pour tout colis j'ai ce genre de mail du SAV:


M. Thomas

Pour faire suite à notre précédent mail, je vous confirme qu’une ouverture d’enquête a bien été effectuée auprès de Kiala (un service d'envois de colis), ce jour.

Cette recherche prendra fin en date du 2007-10-25 .

Effectivement, la procédure, de ce transporteur, prévoit une durée d’ investigation de 7 à 10 jours ouvrés (C'est pas rapide...Il faut que je file un coup de main?).

Durant ce laps de temps, nous ne serons malheureusement pas en mesure de procéder au renvoi de votre colis ou au remboursement de celui-ci (J'ai besoin de ce disque dur maintenant...). Pour en savoir plus ">cliquez ici.(mauvaise URL, sympa les gars...)

Nous vous prions de nous excuser pour ce désagrément indépendant de notre volonté et vous remercions de votre compréhension. (Je comprend que je suis en train de me faire entuber)

Je vais illico retourner à la vielle méthode où j'ai directement en main ce que j'achète.

11 octobre 2007

Rien ne va plus! "Tintin" censure la presse.

Je sais que l'on sort le principe de la liberté d'expression
à toutes les sauces. Mais ici, sans me prononcer sur la technique de la caméra caché, il s'agit d'une intolérable censure a priori. Certes on ne peut pas dire n'importe quoi mais les faits doivent être jugés à posteriori. Sinon n'importe qui peut bloquer la diffusion de n'importe quel reportage en introduisant une action en justice.

Cela pose aussi la question plus générale de la question des droits d'auteurs et de la propriété intellectuelle. Que les auteurs veulent protéger leur œuvres, rien de plus normal, il existe une multitude de façon de faire notamment à travers les Créative Commons. Mais les héritiers ont une fâcheuse tendance à comprendre que la logique du gain à court terme et non la survie de l’œuvre dans les mains/oreille/yeux du public.



Ca me rappelle aussi mon coup de gueule sur les héritiers Brel.






Vous ne verrez pas ce mercredi soir le reportage « Tintin a-t-il vendu son âme au diable » que « Questions à la Une » consacre au héros et à la gestion de l'héritage d'Hergé par la Société Moulinsart.

Monsieur Rodwell, administrateur-délégué de la SA Moulinsart a, en effet, obtenu une ordonnance du président du tribunal de première instance de Bruxelles rendue ce 10 octobre sans avoir entendu les arguments de la RTBF. Cette ordonnance interdit à la chaîne publique la diffusion de certaines séquences du reportage jusqu'à ce qu'un juge de fond ait pu se prononcer sur les griefs faits au programme.

Nick Rodwell, qui gère le patrimoine Tintin, reproche à l'équipe de « Questions à la Une », une caméra cachée et la communication d'un échange de courriels. La caméra cachée mettait en évidence l'existence d'une liste noire de spécialistes d'Hergé que la société Moulinsart refusait de voir figurer dans le reportage.

En conséquence, la RTBF a décidé de ne pas diffuser le reportage tout en protestant vivement contre ce qui constitue une censure préalable contraire à la liberté d'informer garantie par la Constitution.La RTBF introduira, sans délai, les recours nécessaires pour faire prévaloir la liberté d'expression et d'information et permettre à ses téléspectateurs de voir cette émission dans son intégralité.
Questions à la Une: "Tintin": COMMUNIQUE DE PRESSE

Blogged with Flock

10 octobre 2007

Court mais bon: Une petite Fée

Un court métrage qui nous offre deux minutes de poésie.

Avec Bérénice Béjo et Manon Jomain
Musique: Stéphane Legouvello
Réalisation: Jérôme Genevray

08 octobre 2007

Armand De Decker: ce qu'il disait le 10 juin

Voici une petite vidéo d'Armand De Decker prise le 10 juin lors des élections. Pourquoi je ressors cette vidéo?

1- Armand De Decker y affirmais qu'il n'y aurait pas un gouvernement avant octobre. A ce moment là je me suis dit en moi même: t’exagère pas un peu là une fois! Force est de constater qu'il avait raison.


2- Ensuite il y disait que si une famille politique devait sortir cela devrait être les socialistes car ils ont clairement perdu les élections. Cela est tout de même intéressant à réentendre à l'heure, où le MR fait des tentatives d'approches avec le PS afin de peut être virer le CDH des négociations. Bien sûr, on ne sait pas à quel point s'il s'agit d'un bluff ou d'une option réellement envisagé.

Pour ma part je pense que si le PS devait se retrouver au pouvoir ce serait un profond mépris des électeurs. Ceux-ci ont clairement rejeté les socialistes du pouvoir. D'ailleurs l'attitude du PS qui se dit "disponible" est minable. Le parti a perdu à lui d'assumer clairement une cure d'opposition.



07 octobre 2007

Le service à la clientèle version STIB

50-60 personnes attendent leurs tours. Ca met plus d'une heure pour se faire servir. Et il y a 3 guichets sur 5 qui restent désespérément vide. No comment



05 octobre 2007

"les rubriques du blog"

Dans la colonne de droite vient d'apparaitre "Les rubriques du blog". Le but est double:

  • Mettre en valeur les archives de ce blog. Avec un procédé légèrement différent des libellés dans le sens où je ne mets sous ces rubriques sont peu nombreuse et le contenu est, à mon sens, le plus qualitatif du blog.
  • Donner un semblant de structure sur laquelle développer ce blog. Je m'explique. Pour éviter de partir trop dans tout le sens, je vais essayer de plus en plus de produire du contenu qui va pouvoir s'intégrer dans une de ces rubriques (je dois encore en rajouter une ou deux: mon dada: la photo et scoop: d'ici un mois la philo s'invitera sur ce blog...). Il est clair aussi que ces rubriques évolueront au fur et à mesure du temps.


A tout bientôt pour la suite des aventures.

30 septembre 2007

Les Chroniques de Tom: La Birmanie

Je reviens aux sources de ce blog. Et je me réessaye au difficile exercice de la chronique

Tendance belgitude: Extrait

Petite pointe d'optimisme dans la crise actuel. Je ne suis pas un fan des drapeaux et symboles en tout genre. Mais je dois avouer qu’en cette période particulière voir des drapeaux belge aux fenêtres ça me fait plaisir. Voici des morceaux choisis d’un article du Soir trouvé sur le site du courrier international.


Alors que le pays se cherche un gouvernement depuis 110 jours et que les spéculations sur une éventuelle scission vont bon train, les opposants à la partition sortent le drapeau national.

(...)

Alors tendance confidentielle, quasi épiphénoménale ? "Non. Il se passe quelque chose", corrige André-Paul Frognier, professeur en science politique. "C'est la première manifestation concrète d'une réaction au problème belge. On ne peut plus dire que les citoyens se moquent de ce qui se passe. C'est nouveau !"

Tendance, donc. Carrément passionnelle ? "On est dans l'émotif", décode Marc Jacquemain, responsable du service des identités contemporaines à l'Université de Liège. Une émotion nourrie par la peur. "On vit un moment de dramatisation. Ce qui alimente le sentiment qu'il y a danger pour la Belgique", constate le sociologue liégeois. "Dans ces cas-là, deux réflexes possibles : la passivité – mais c'est proche du suicide – ou la réactivité. Les gens qui sortent leur drapeau réagissent.

(...)

Tendance originale quand même. "Généralement, l'appartenance à un groupe s'affirme dans des circonstances positives"

(...)

On doit aller rechercher des signes de belgitude au fond de nos tiroirs, constate Vincent Yzerbyt. Nous n'avons pas l'habitude d'exhiber nos symboles. Contrairement à la France ou les Pays-Bas. Et à l'inverse de ceux qui ont un projet très affirmé comme les nationalistes flamands, chez qui le lion est la marque d'une identité très forte.

(...)

Tendance d'(un) automne ? "L'avenir est à l'identité double ou triple : on est belge ET flamand ou wallon ET européen, insiste Fons Van Dyck. Le Belge a plusieurs identités. C'est ça, l'avenir !"
Courrier international, BELGIQUE • Tendance belgitude

28 septembre 2007

Les interviews de Ben: FAUSTO GIUDICE

Voici la suite des interviews réalisées par Benjamin Heine:


“Un groupe d’individus dispersés sur la planète peuvent, sans moyens financiers, sans soutien des appareils de pouvoir, créer un média indépendant qui permet de démultiplier une information”





Fausto Giudice a 57 ans. Il vit en France, après avoir vécu en Italie, en Tunisie, en Belgique, en Suède et en Allemagne. Il est Italien de nationalité et Français de culture mais pratique aussi le suédois, l’allemand et l’espagnol. Il est journaliste indépendant, écrivain et traducteur. De 1971 à 1975, il travaille à l'Agence de presse puis au quotidien Libération, à Stockholm puis à Paris. Dans les années 1980, il travaille avec des associations d'immigrés et de réfugiés en France. Il publie 2 livres : Têtes de Turcs en France (1989), enquêtes sur l'apartheid à la française et Arabicides, une chronique française 1970-1991 (1992), une enquête sur les meurtres d'Arabes en France.Il organise des campagnes de solidarité avec les étudiants chinois et les révoltés roumains en 1989 et en 1992, avec les passagers clandestins africains à bord de bateaux ("Hommes à la mer »).

En 1995, il crée à Paris l'Alliance zapatiste de libération sociale (activités d'information et de mobilisation sur le Mexique, l'Algérie, la Bosnie, la Tunisie, la Colombie, le Sri Lanka, les colonies françaises, les réfugiés et les migrants). En 2002, il commence à contribuer au site web quibla.net, le quotidien online francophone et multilingue pour les Musulmans libres et actifs et leurs alliés. En 2003, il crée le Collectif guantanamo. En décembre 2005, il participe à la création de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. En juin 2006, il crée le blog Basta ! Journal de marche zapatiste. Il est aussi membre de l'Association pour un seul État démocratique en Palestine/Israël, fondée à Lausanne en 2003. Il milite également à l’association Survie. Fausto se dit aujourd'hui « cyber-journaliste », travaillant pour des sites web et des weblogs indépendants. Sa devise personnelle est emprutée à Antonio Gramsci : « Pessimisme de la raison, optimisme de la volonté »

BH: Dans votre Manifeste, on peut lire que Tlaxcala a été créé en décembre 2005 par une vingtaine de cyberactivistes ayant lié connaissance grâce à Internet. Comment avez-vous précisément lié connaissance et comment avez- vous réussi à monter un réseau qui fonctionne actuellement avec plus de 70 membres et réalise des traductions dans plus de 10 langues?

FG: Tlaxcala est né de la rencontre entre trois, puis quatre puis cinq personnes suite à une interview de Gilad Atzmon par Manuel Talens, pour le site rebelion.org. Manuel cherchait quelqu’un qui puisse réviser la version anglaise de son interview. Gilad lui a indiqué Mary, qui anime un blog, peacepalestine.blogspot.com. Puis moi, qui m’occupais de fournir des traductions au site quibla.net et qui cherchais depuis deux ans à monter un réseau de traducteurs militants, bénévoles et indépendants. Puis Ernesto, un Mexicain vivant en Angleterre. Puis Nancy, une blogueuse usaméricaine d’origine palestinienne vivant en Allemagne. De fil en aiguille, entre septembre et décembre 2005, au fil de nos échanges, Tlaxcala est né : nous avons découvert que nous étions d’accord sur l’essentiel : l’hégémonie de la langue anglaise sur le Net, la nécessité de contrer cette hégémonie et de promouvoir la diversité linguistique pour faire circuler à la fois des informations et des analyses sur toutes les questions brûlantes dans d’autres langues que l’anglais et rendre accessible aux lecteurs anglophones – qui, souvent, ne lisent pas d’autre langue que l’anglais – des textes écrits à l’origine dans d’autres langues. Nous avons donc rédigé un manifeste et nous avons créé notre site web, qui a été lancé le 21 février 2006, une date choisie pour sa valeur symbolique puisque c’est celle de la mort de Missak Manouchian (en 1944), le résistant français d’origine arménienne, de Malcolm X (1965), le leader révolutionnaire afro-américain et de Augusto Cesar Sandino (1934), le leader révolutionnaire nicaraguayen. Quand nous avons lancé le site, nous étions une vingtaine, produisant des textes en six langues. Au fil des mois, par effet boule de neige – ou tache d’huile -, nous avons atteint aujourd’hui le nombre de 78, avec une capacité de produire des textes en quinze langues. Les sites web et les blogs auxquels nous sommes associés ont servi de relais pour nous faire connaître et des volontaires ont pris contact avec nous.

BH: Dans quel sens selon vous le fait d’avoir créé un réseau de traducteurs et d’activistes tel que celui de Tlaxcala permet d’enrichir le débat sur les problématiques politiques, économiques et sociales de notre temps ? Et comment peut-il faire face aux « mass medias » ?

FG: L’utilité d’un tel réseau est évidente : il permet de créer un véritable contre-pouvoir médiatique face aux grandes machines qui dominent l’espace hertzien et cybernétique et diffusent la pensée unique de l’Empire. On s’en aperçoit à propos de toutes les grandes questions d’actualité, que ce soit la guerre d’Irak, la guerre de Palestine, la guerre du Liban, la guerre d’Afghanistan ou Guantánamo ou encore le Venezuela. Aujourd’hui, on peut dire que le slogan des étudiants de Bologne en Italie en 1977 – « ne critiquez pas les médias, devenez les médias » - est en train de devenir une réalité : Tlaxcala démontre qu’un groupe d’individus dispersés sur la planète peuvent, sans moyens financiers, sans aucun soutien des appareils de pouvoir, créer un média indépendant qui permet de démultiplier une information, une analyse, très rapidement. Les textes traduits par Tlaxcala sont rapidement repris par plusieurs autres sites et blogs aux quatre coins de la planète, ils circulent sur des listes de discussion, des forums en ligne, des yahoogroupes ou des googlegroupes, si bien que chaque article est lu par plusieurs milliers de personnes dans les jours qui suivent sa première publication. Et les grands médias doivent désormais compter avec des médias communautaires autonomes : les journalistes dits « professionnels » - qui sont payés pour leur travail – s’alimentent aujourd’hui principalement auprès de sites et de blogs indépendants comme Tlaxcala. En outre, tous les grands médias dits « dominants » (mainstream) savent désormais qu’ils prennent des risques sérieux en publiant un mensonge : dans les heures qui suivent, une contre-information circulera sur la Toile et contribuera encore plus à les décrédibiliser.

BH: Quel est votre public cible ?

FG: Toute personne sachant lire et écrire dans une des dix langues dans lesquelles nous publions des textes sur notre site et ayant accès à Internet, du Venezuela à l’Iran, du Maroc à la Suède, du Nigeria à la Chine. Plus précisément, tous les internautes qui sont engagés dans un combat local, régional ou mondial, tous ceux pour lesquels Internet est un outil de communication, d’échange, d’information et de mobilisation.

BH: Pensez vous que le réseau Tlaxcala est à classer dans la même catégorie que les cybergroupes qui pratiquent un « militantisme online » à l’intérieur de ce qu’on pourrait appeler une « démocratie électronique » (« e-democracy » ou encore « démosphère ») ?

Oui, sans doute.

BH: Pensez-vous que cette « démocratie électronique » existe réellement ? Avez- vous des exemples ?

FG: Cette « démocratie électronique » n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Elle doit inventer ses règles de fonctionnement, ses modes de régulation, notamment lorsque des conflits surgissent entre membres d’un groupe ou d’un réseau, qui souvent ne se connaissent que par Internet et ne se sont jamais rencontrés physiquement. En tout cas, il est évident qu’Internet permet un fonctionnement horizontal décentralisé basé sur le principe : « un homme, une voix ». Il permet aussi la consultation permanente de tous les membres d’un groupe ou d’un réseau. C’est là le noyau de cette « démocratie électronique » qui se cherche. On ne peut pas éliminer complètement les fonctions de direction, mais celles-ci tendent à devenir des simples fonctions de coordination entre les initiatives des uns et des autres. Je pense que dans les années qui viennent, l’expérience des réseaux militants comme le nôtre, qui constituent des « zones temporairement libérées », va faire tâche d’huile et que les machines institutionnelles vont devoir en tenir compte. Déjà, le Conseil des ministres en Estonie se tient directement en ligne et au Canada, les Inuits (ceux qu’on appelait autrefois les Eskimos) gèrent leur territoire autonome, le Nunavuk, par Internet, ce qui leur facilite la vie, vu qu’ils ne sont qu’environ 30 000, éparpillés sur 2 millions de kilomètres carrés. Et ils peuvent, grâce à Internet, communiquer avec leurs frères de l’Alaska et du Groenland.

BH: Pourquoi les traductions et les articles produits par Tlaxcala sont-ils libres de droit ? Ceci est-il une volonté d’augmenter leurs chances de diffusion et de reproduction ?

FG: Nous sommes tous volontaires et bénévoles et nos travaux sont publiés par des sites et des blogs d’accès gratuit. La rétribution de notre travail n’est donc pas financière. La seule exigence que nous avons, c’est que la source et les auteurs de nos traductions soient mentionnés. Comme nous ne sommes en concurrence avec personne, notre seul intérêt, c’est que nos textes connaissent une diffusion maximale. D’où la pratique du Copyleft, qui est l’exact contraire du Copyright. Je crois que, désormais, tout le monde a compris ça.

BH: Tlaxcala est-il un groupe complètement indépendant ? Quelle est votre ligne éditoriale et comment se déroule la sélection des articles et des sujets ?

FG: Nous sommes une véritable horde sauvage (wild bunch). Il y a en effet parmi nous toutes sortes de sensibilités, d’itinéraires et d’affinités. Nous sommes d’accord sur l’essentiel – contre l’Empire, pour la liberté des peuples – et nous avons certes des sympathies, mais nous ne dépendons d’aucun parti, d’aucun gouvernement, d’aucune chapelle. Notre ligne éditoriale découle de notre manifeste. Les articles sont choisis par tout membre du réseau et proposés à l’ensemble du réseau. Certains sont traduits dans une ou deux langues seulement, d’autres dans 8 à 10. Il n’y a jamais aucune obligation de traduire : chacun propose et chacun dispose. Parfois, un membre n’est pas d’accord avec la traduction d’un texte par un autre membre. Il peut nous arriver de décider de ne pas publier un texte qui pose problème, mais c’est très rare.
BH: Tlaxcala est en perpétuelle croissance, quelle est votre méthode de recrutement ?

FG: Des volontaires nous écrivent pour proposer leur participation. Nous leur demandons alors de faire un test en traduisant un texte. Nous vérifions que la personne n’est pas un agent de la CIA et nous la cooptons dans le réseau. Tous les adhérents qui en ont les moyens payent une cotisation annuelle qui nous permet de financer les frais d’entretien de notre site.

BH: Outre les arguments apportés dans le Manifeste, pourquoi pensez-vous qu’il est important de faire face au monopole de la langue anglaise sur le Web ? Pourquoi ne réalisez-vous pas davantage de traductions en anglais sur Tlaxcala ?

FG: Langue unique = pensée unique. Or nous sommes partisans d’un « monde contenant tous les mondes », pour reprendre l’expression des zapatistes mexicains. Nous avons un problème réel : nous n’avons jusqu’à présent pas pu recruter suffisamment de traducteurs de langue maternelle anglaise, ce qui en dit long sur l’état du monde anglophone, y compris le monde militant, qui, souvent, se contente de communiquer en anglais et ne se soucie pas des autres langues. Les américains sont dans une situation culturelle catastrophique : moins de 8% des étudiants des universités US étudient une langue étrangère. Tlaxcala a de fait les mêmes problèmes que la CIA ou le FBI : à la veille de l’attaque contre l’Afghanistan, les 17 agences de renseignement US ont cherché à savoir combien d’agents parlaient ou comprenaient les langues de l’Afghanistan. Ils n’en ont trouvé qu’UN ! Et pour permettre aux forces militaires qui ont occupé l’Irak de comprendre les indigènes, le Pentagone a été obligé de recruter 4000 traducteurs et interprètes non-US, en général des exilés irakiens. Il y a évidemment deux grandes différences entre le Pentagone ou la CIA et Tlaxcala : nous ne menons pas le même genre de guerre et eux et nous n’avons pas les mêmes moyens…Mais avec le temps, nous sommes parvenus à recruter de nouveaux traducteurs anglophones et nous commençons à combler la « fracture » entre les traductions en espagnol (1000) ou en français (750) et en anglais (seulement 400 pour le moment).

BH: Le collectif Tlaxcala parvient-il, grâce à son travail, à diminuer les disparités linguistiques sur le Web, celles-ci représentant très clairement une difficulté dans la réussite et l’effectivité du « militantisme online » ? Est-ce que vos traductions sont réutilisées sur d’autres sites ? (Exemples bienvenus)
FG: C’est un travail de longue haleine, une longue marche. Mais comme je l’ai dit plus haut, il y a un effet de démultiplication : nos traductions sont reprises par un nombre sans cesse croissant de sites, de blogs, de listes et de forums. Il suffit de taper « tlaxcala.es » sur un moteur de recherche pour s’en rendre compte. Nous avons un partenariat de fait avec une cinquantaine de sites et de blogs.
BH: Selon vous, le « militantisme online » a-t-il un réel impact ? Avez-vous quelques exemples ?

FG: Oui, l’impact est réel. Deux exemples :

- Il y a quelques années, l’entreprise Intel avait un projet d’extension de son usine de Kyriat Gat, en Palestine occupée en 1948, où elle fabrique la moitié des puces Pentium 4 vendues dans le monde. Kyriat Gat est le nom israélien du village palestinien d’Iraq al Makshiya, où un détachement de l’armée égyptienne est resté jusqu’en 1949, sous le commandement d’un certain colonel Nasser. Les Égyptiens n’ont accepté de partir qu’après la signature d’un accord avec les sionistes, supervisé par l’ONU, dans lequel les Israéliens s’engageaient à ne pas chasser les 3000 habitants. Quelques semaines après de départ du contingent égyptien, les sionistes ont déporté les habitants. Aujourd’hui, il y a 15000 descendants de ces habitants qui vivent aux USA. Ils ont lancé une campagne de mails à Intel, lui demandant de ne pas investir dans cette usine. Intel a renoncé à son projet. Du coup, Coca Cola a renoncé à son projet de construire une usine à côté de celle d’Intel.

- Il y a quelques années, la Justice tunisienne a condamné un groupe de jeunes internautes de Zarzis, dans le Sud, à des lourdes peines de prison pour « terrorisme ». La peine maximale était de 26 ans de prison. Le seul crime de ces jeunes était d’avoir navigué sur Internet, dans des cyberboutiques, à la recherche d’informations sur Al Qaïda. La campagne menée, notamment sur Internet, a permis la libération de tous ces jeunes.
BH: Selon vous, les Blogs représentent-ils un bon moyen pour renforcer la liberté d’expression des individus et diffuser des informations ? Quels avantages et désavantages voyez-vous à la Blogosphère et son impact croissant ?

FG: Oui, et on s’en rend compte particulièrement en France, qui est le pays où il y a la plus forte proportion de blogs par habitant. C’est ce qu’ont bien compris tous les candidats à l’élection présidentielle, en particulier Sarkozy et Royal, qui ont beaucoup utilisé les blogs, aussi bien les blogs « centraux » gérés par leurs équipes de campagne que les blogs individuels de leurs adhérents ou sympathisants. On a vu aussi fleurir les chansons, les caricatures et les vidéos anti-Sarkozy. Aujourd’hui, n’importe qui peut réaliser son journal. On trouve des textes et des images et même du son de grande qualité. Les grands journaux ont aussi compris cela et proposent désormais à leurs lecteurs de créer leurs blogs, qui parfois sont plus informatifs que le journal lui-même ou les blogs des journalistes professionnels. Désormais, tout groupe qui se constitue pour défendre une cause, quelque qu’elle soit, crée immédiatement son blog ou son groupe de discussion ou au moins sa liste de diffusion. Le seul désavantage, c’est que beaucoup de gens n’ont aucune formation pour gérer de manière rationnelle leur utilisation d’Internet et les boîtes email se trouvent souvent encombrées, le même document étant diffusé plusieurs fois. Je reçois parfois le même document de cinq sources différentes. Mais c’est normal, il faut que les gens apprennent à gérer ces nouveaux outils. Heureusement, leurs enfants s’y connaissent souvent mieux et donnent un coup de main à leurs parents ou grands-parents.
BH: Selon vous, comment utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) pour préserver la diversité culturelle et favoriser le dialogue entre les civilisations ?

FG: Il faudrait arriver à mobiliser des chercheurs capables de mettre enfin au point des traducteurs automatiques fiables, car actuellement il n’y en a pas, pour que l’énergie et le temps consacrés à la traduction par des humains puisse être utilisé à des choses plus utiles et plus agréables, en particulier la rencontre entre les gens dans le monde réel et non plus virtuel.

BH: L’internet et toutes ses potentialités représentent-t-ils pour vous un approfondissement de la démocratie ?

FG: Potentiellement, oui. À partir du moment où on n’est plus dépendant de journaux, de télés, de radios pour s’informer, se former, s’éduquer et qu’on peut pratiquer l’auto-apprentissage et l’inter-éducation, on est en capacité de construire une autonomie, aussi bien individuelle que collective. Et donc des contre-pouvoirs. Et il n’y a pas de démocratie sans contre-pouvoirs.

BH: Pensez-vous que la référence constante à la fracture numérique dans les discours gouvernementaux est légitime ou n’est-elle qu’un « slogan politique », comme l’affirme certains observateurs ?

FG: Il est évident qu’il y a une fracture, et pas seulement numérique, entre un habitant d’un bidonville de Calcutta ou une jeune ouvrière fabriquant des chaussures Nike à Shangaï et un étudiant d’Helsinki ou de Bruxelles qui se balade partout avec son ordinateur, son téléphone et son MP3 portables, sa caméra numérique et son scanner. Mais je crois qu’il y a très peu de choses à attendre des gouvernements, qui, de toute façon, aujourd’hui, sont plus préoccupés par le contrôle et la répression des formes autonomes d’expression et d’échange d’information – au nom bien sûr de la lutte contre le terrorisme, la pornographie, la pédophilie et le trafic de drogue – que par la création des conditions d’accès de tous à l’Internet.

BH: Après la « révolution industrielle », on parle aujourd’hui, dans les sociétés modernes, de « révolution informationnelle », liée aux grands changements apportés par les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), quel est votre avis sur la question ?

FG: Les Italiens ont créé un nouveau concept : le cognitariat, qui serait le nouveau prolétariat. Les prolétaires n’avaient que la force de leurs bras et leur progéniture comme richesse, les cognitaires ont leur intelligence, leurs connaissances et leur savoir-faire technique. On les trouve travaillant dans les centres d’appel, de Rabat à Bangalore, dans les McDo et dans tous les secteurs qui se développent autour et grâce aux TIC. Ces cognitaires organisent de grands rassemblements festifs à Milan, Barcelone et ailleurs chaque Premier Mai et ils ont même leur saint, San Precario. Ils cherchent à échapper à l’esclavage salarié et à créer leurs propres structures. Reste le problème insoluble : ils n’ont pas de capital pour financer leurs projets et sont donc toujours obligés de vendre leur force de travail aux détenteurs de capital. Autant des paysans du Chiapas peuvent essayer de devenir autosuffisants en cultivant du maïs et des haricots qu’ils mangeront eux-mêmes plutôt que du café qui les rend dépendants du marché mondial, autant les TIC ne permettent pas –encore – de produire de la bouffe ou de payer son loyer.

BH: Selon vous, comment empêcher la fragmentation d’Internet (ou « fracture numérique »), comment garantir la libre circulation des informations dans le cyberespace et le respect du droit à la liberté d’expression ?

FG: C’est une guerre prolongée faite de myriades de petites batailles quotidiennes. Le grand danger qui nous guette, c’est celui-ci : comme tu le sais, Internet a été inventé sous la tutelle du Pentagone et était au départ un outil de communication militaire, qui a ensuite échappé au contrôle militaire et est devenu un outil de masse civil. Le Pentagone travaille donc à mettre au point un nouvel Internet à usage strictement militaire. Une fois qu’ils auront mis au point ça, ils pourront – théoriquement du moins – débrancher l’Internet que nous utilisons tous aujourd’hui, puisque « l’interrupteur » mondial se trouve aux USA. C’est pourquoi, il va falloir travailler à la construction de réseaux autonomes échappant au contrôle des centres de pouvoir impériaux. À la veille du Sommet mondial e la Société de l’Information, à Tunis, en novembre 2005, l’Iran et la Chine avaient proposé à l’Union européenne de travailler ensemble à la construction d’un nouvel Internet indépendant des USA. L’UE a décliné l’offre. C’était une belle connerie.

BH: La solution des cybercafés et autres centres collectifs d’accès à Internet a été proposée et est développée depuis plusieurs années dans de nombreux pays émergents. Si ce type d’alternative permet une connectivité à bas prix, pensez- vous qu’elle permet aussi aux citoyens du sud de s’impliquer dans le militantisme online ?

FG: Oui, à une condition : que la liberté d’expression soit garantie dans ces pays. Or ce n’est pas le cas dans de nombreux pays, pour n’en citer que deux : la Tunisie et la Chine. En Tunisie, outre les jeunes de Zarzis, un autre internaute, Ramzi Bettibi, a été emprisonné en 2005 et condamné à quatre ans de prison pour avoir copié sur un forum Internet qu’il modérait le communiqué d’un groupe menaçant le pays d’attentats terroristes si l’ex-Premier Ministre israélien Ariel Sharon assistait au Sommet Mondial de l’Information. Il a été conduit dans une prison secrète près de la ville de Bizerte, où il a été interrogé par la CIA et des agents parlant français sur ses liens supposés avec des groupes irakiens djihadistes et sur ses activités sur internet.
En Tunisie toujours, plus de 500 policiers sont uniquement chargés d’Internet. Dans les cyberboutiques, tous les écrans sont tournés vers le patron, qui les surveille. Les utilisateurs sont tenus de noter tous les sites qu’ils visitent. Le régime utilise des logiciels US et israéliens pour surveiller étroitement toute la communication internet et l’accès à tous les sites contenant des informations critiques sur la Tunisie est bloqué. Les internautes débrouillards utilisent des proxys pour contourner ces blocages mais tous ne savent pas utiliser des proxys. En Chine, le régime a fermé les 36 000 cyberboutiques du pays il y a quelque temps, au prétexte de manque de sécurité – il y avait eu quelques incendies dans des cyberboutiques – et je ne sais pas si elles ont été autorisées à ouvrir de nouveau. Sans parler du cybernaute dont Yahoo a fourni l’identité au régime et qui a été emprisonné. Sans parler d’Oiwan, notre amie de Hong Kong, qui est menacée de 400 000 HK$ d’amende et d’un an de prison pour avoir publié une photo de nu artistique. Et chez nous, les libertés dont nous jouissons sont sans cesse menacées : aux USA et en Grande-Bretagne, la police peut désormais violer la correspondance électronique au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Plus grave encore : les grands éditeurs sont en train de travailler à un grand projet visant en quelque sorte à « breveter » l’info comme on est train de breveter le vivant. Si ce projet est adopté, cela voudrait dire qu’aucun site web ne pourrait plus faire mention par exemple d’un tremblement de terre en Indonésie, la référence à ce tremblement de terre tombant sous le Copyright de l’agence Associated Press, par exemple, qui aurait donné l’information la première et qui serait donc en droit de réclamer un paiement.

BH: En 2006, on a entendu parler de projets de vente d’ordinateurs portables « génériques » à moins de 100 euros dans les pays du continent africain. Il y a quelques mois, c’était le portable à 40 euros qui commençait à être vendu en Inde. Cela permet une utilisation individuelle des TIC par le cybernaute. Croyez-vous quece type d’accès aux technologies numériques (en particulier celles liées à Internet et àl’ordinateur) est plus favorable et efficace que l’accès collectif en centre public (type cybercafés…) ?

FG: Oui, et le gouvernement indien vient d’annoncer un projet d’ordinateur à 10 $. Il faudra qu’il fournisse aussi des piles solaires rechargeables à zéro roupie, puisque la grande majorité des Indiens n’ont pas accès à l’électricité.
BH: Comment décririez-vous la société numérique idéale ?

FG: Une société où les outils numériques seraient d’accès libre, gratuit, instantané, dépouillé de toute publicité, où il n’y aurait plus ni de télé ni de radio d’État, où l’information serait produite par ceux qui sont directement concernés et traduite automatiquement et simultanément dans les 5000 langues de l’humanité. Une société où l’apprentissage à tous les âges pourrait être autogéré et mutualisé par groupes d’intérêt et d’affinité. Et où les seules guerres autorisées seraient…virtuelles.



-->Fausto Giudice peut-être contacté à azls2006@yahoo.fr
-->Propos recueillis et portrait réalisé par Benjamin Heine

17 septembre 2007

Petites nouvelles perso + votre avis sur ce blog

Petit moment d'autosatisfaction. Je viens de recevoir ma feuille de points de ma dernière année de journalisme à l'IHECS. Pour la première fois de ma vie j'ai une Distinction. Je sais que ça ne veut rien dire et que tout le monde s'en fout mais moi ça me fait quand même plaisir.

Je ne quitte pas le statut d'étudiant tout de suite étant donné que je rempile pour un an pour un DESS en Communication stratégique et commerciale internationale (en gros du marketing). Non je n'ai pas renié tout mes idéaux journalistiques, mais je vais essayer de voir dans quelles mesures il y a moyen de les combiner dans un projet viable. Et pour cela j'ai besoin de comprendre et manipuler les concepts de ceux qui ont l'argent qui reste in fine le nerf de la guerre.

Demain je pars pour une grosse semaine en vacance, le blog aussi donc. Ce qui va me donner le temps de réfléchir sur la direction à donner à ce blog pour l'année qui vient. C'est pourquoi je serais vraiment très intéressé d'avoir votre avis: Qu'est ce que vous appréciez? Vous n'aimez pas? Ce que vous attendez d'un blog comme celui-ci?etc. Merci d'avance.






Si j'étais à la table des négocations....

Comme les négociations sont toujours au point mort, je me permets en que citoyen belge et en toute modestie d’exprimer les réformes que je souhaiterais que nos élus mettent en place. Toutes les propositions vont, je pense, dans le sens d’une meilleur collaboration entre communautés pour enfin quitter la stérile position de la confrontation. Certaines propositions sont utopique mais une politique ambitieuse ne doit elle pas l’être ?

Un véritable sénat des communautés et des régions
Pour le moment le sénat est une institution un peu malade qui n’a pas encore vraiment trouvé sa place dans la Belgique fédéral. Je propose d’en faire LE lieu où serais défendu les intérêts des entités fédérées et leur articulation au sein de l’état fédéral. L’idée serait que chaque entité fédérée envoie le même nombre de sénateurs au fédéral. C’est un peu le modèle des Etats-Unis où le sénat est composé de 2 sénateurs envoyé par chaque Etat, peut importe leur taille. Ca permettrait d’avoir un vrai lieu de débats sur le fonctionnement de l’état fédéral et d’améliorer les rouages de celui-ci.

Suppression des communes à facilité et installation d’un service bilingue dans tous le pays.
Je propose que dès qu’un certain pourcentage de la population d’une commune (5%, 10%,20% à voir) désire être servi dans une des trois langues nationales elle puisse l’être. Et c’est loin d’être impossible à mettre en place. Au canada par exemple, il est possible d’obtenir ses papiers en français à Vancouver. Alors qu’on vienne ne pas me dire que dans notre pays grand comme un mouchoir de poche, j’imagine que l’on doit pouvoir trouver des solutions.

La fusion de la Région wallonne et de la Communauté française

Il me semble que c’est une simple question de bon sens. Du côté des partis francophones, seuls les socialistes seraient vraiment opposés à cette idée.

Pour en savoir plus :

L’article de Francis Van De Woesteyn
L’interview de Jean-Marie Severin par Damien.

• Une circonscription fédérale pour le Parlement fédéral
C’est la proposition du groupe Pavia. Je reprends un résumé de celle-ci : « Le groupe Pavia propose une circonscription fédérale de 15 sièges à la Chambre des représentants, avec une représentation garantie de 9 néerlandophones et 6 francophones, avec la possibilité de listes unilingues ou bilingues, et avec une possibilité d’apparentement entre les listes. »

• Une élection fédérale du Formateur.
Le but est d’avoir un formateur avec une vision fédéral. Cela donne aussi plus d'autorité à "l'arbitre" des négociations. En étant obligé de devoir récolter des voix dans les trois communautés, il ne serra pas là pour défendre uniquement les intérêts de sa communauté . Pour les modalités de l’élection, je laisse les constitutionalistes/juriste s’en charger :- ).

• Un enseignement bilingue obligatoire
Je ne vais pas rentrer ici dans un débat sur le niveau catastrophique des cours de langue en Wallonie (en Flandre je ne sais pas). Il faut dire que des classes avoisinant les 30 personnes rendent la tâche quasi impossible. Bref.
Il suffit de voir le succès de l’enseignement d’immersion pour se rendre compte de la véritable demande citoyenne de ce côté-là. Organiser un brassage des langues dès le primaire permettrais de rentrer dans une logique de collaboration plutôt que de confrontation.